Témoignage : 6 mois en Ouganda

Yulizh, briochine de 23 ans à Kampala, témoigne :

"Je suis actuellement en stage pour six mois à Kampala en Ouganda avec l’ONG Hospice Africa Uganda, membre du RESIA. Arrivée depuis Juin, je découvre à la fois un continent et un pays que je ne connaissais absolument pas.

Je n’avais pas envisagé ce pays quand j’avais commencé mes recherches, aidée par le Résia et notamment Marie Le Gac, mais quand la proposition est arrivée je n’ai pas hésité très longtemps : on y parlait en anglais, langue que j’avais besoin d’améliorer, et les missions correspondaient à mon profil d’étudiante en école de commerce. Trois semaines plus tard je débarquais à l’aéroport d’Entebbe avec mes deux valises à la main et mon sac sur le dos.

 

Ma préparation a été plutôt sommaire, juste eu le temps de regarder les températures, les vaccins nécessaires, les lieux connus, acheter un casque pour les déplacements en taxi-moto et les infos principales sur la culture du pays (grâce aux bénévoles de Hospices Africa à Jugon les lacs). Je me suis laissée conseiller quelques livres sur l’Afrique et Marie m’a mise en contact avec un de ses amis sur place qui m’a donné les conseils de base à respecter pour éviter tout désagrément. Je n’ai commencé mes livres que dans l’avion et ai bientôt découvert que certaines informations que j’avais n’étaient pas tout à fait exactes, notamment sur la longueur des jupes qui est moins stricte que ce qui n’y parait au premier abord. Dommage pour mes jolies robes d’été laissée en Bretagne. Bonjour celles aux tissus colorés achetées sur place ! Cela montre à quel point on est dans tous les cas jamais totalement prêt et qu’ainsi mes lacunes sur la région m’évitait tout jugement préconçu.

Je travaille en tant que stagiaire dans une ONG qui s’occupe de promouvoir et développer les soins palliatifs en Afrique. Je suis notamment rattachée à la branche internationale francophone, je travaille donc sur les formations organisées par Hospice Africa Uganda en Afrique francophone (traduction de rapport, étude sur le suivi post-formation, recherches d’informations…) et les aides aussi dans la recherche de fonds et la communication afin de faire connaître l’organisation peu connue encore en France. J’apprécie l’esprit et la chaleur des gens qui m’entourent. Tous se sentent impliqués et savent pour quoi ils travaillent. J’ai eu la chance de suivre les équipes médicales en visite à domicile pour promulguer des soins contre la douleur, si celles-ci ont pu être parfois difficiles, j’en suis ressortie avec la conviction que leur travail valait vraiment la peine de se battre et que j’avais bien de la chance d’avoir un système de soin tel que le système français. Actuellement il existe une seule machine de radiothérapie en Ouganda, et elle sert aussi pour les pays limitrophes tel que le Rwanda ou le Burundi par exemple, et celle-ci est en panne depuis plusieurs mois désormais. En attendant les malades n’ont pas de soins et souffrent. Je suis contente que mon travail puisse indirectement aider à ce qu’un jour on puisse prendre en charge cette douleur et offrir une mort digne dans des pays où la morphine n’est même pas encore disponible.

A côté néanmoins j’en apprends aussi beaucoup sur les autres facettes du pays, Kampala se trouve près du Lac Victoria et ainsi la ville est toujours verte et parcourue par la brise. Elle est aussi pleine de vie, et les rues de la capitale sont toujours bondées, le trafic routier est souvent difficile entre les routes embouteillées et celles encore en terre. Prendre un Boda (taxi-moto) est souvent plus rapide, ainsi on parcourt la ville à l’arrière d’un chauffeur qui, bien qu’il vous ait affirmé le contraire, ne connaît pas toujours le lieu où vous voulez aller. De temps en temps je me risque aussi dans les taxis, qui sont en réalité le réseau de bus, mais jamais sans des locaux qui savent eux où ces engins vont. Les prix sont dérisoires, le seul inconvénient : vous ne savez jamais quand vous partez et quand vous arriverez. D’une part car il n’y a pas d’horaire, on roule quand le bus est plein, et d’une autre car, comme précisé précédemment, circuler n’est pas chose facile.

Lors de ses sorties je peux aller manger dans l’un des nombreux et exotiques restaurants de la ville (Ougandais, Ethiopien, Indien, mais aussi Vietnamien, Français, Thai….), ou aller au marché au poisson, à un mariage traditionnel, au cinéma ou encore simplement faire des courses. Souvent je profite du week-end pour faire un peu de sport et je suis régulièrement invitée à rendre visite aux gens qui m’entourent, ainsi j’apprends à cuisiner locale dans des feuilles de bananes, les accompagnent à l’église, qui constitue une part importante de leur vie, et repars les mains pleines d’avocats du jardin.

Mon plus grand changement ? Le temps ! Ici tout se déroule selon le moment, on fait les choses comme elles viennent. Ne prévoyez jamais d’heure, ce n’est pas nécessaire, prévoyez des actions. Vous devez avoir une réunion, l’heure de celle-ci n’a pas d’importance, on l’organisera quand tout le monde sera prêt, maintenant ou dans trois heures. Vous devez vous rendre à un endroit, on attendra que chacune des personnes soient là pour partir et voilà tout et en attendant on vaque à ses occupations.

 

Au final je n’ai pas de regret, l’accueil chaleureux aide à s’intégrer rapidement et la seule chose qui vous rappelle que vous n’êtes pas du coin sont les « Muzzungu » (homme blanc) lancés sur votre passage dans la rue ou les enfants qui courent pour vous enlacer avant de repartir tout aussi vite, impressionnés par votre différence en même temps qu’attirés."

Kampala, fin août 2016

 

     

 

 

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