Texte sur les migrantes par MMF.22 pour 2015

État des lieux

Dans l'imaginaire collectif le migrant est un homme généralement travailleur et le plus souvent sans papier.... et pourtant d’après l'étude: Trajectoire et Origine faite par l'INED et l'INSEE de septembre 2008 à février 2010, la France comptait en 2010 cinq millions d'immigrés dont 53% de femmes. 42% arrivant seules sans conjoint.

Aujourd'hui les femmes représentent presque la moitié des immigrés célibataires.

 

Le premier rapport sur la demande d'asile incluant le genre n'a été publié qu'en septembre 2011. Or 17 344 femmes originaire principalement d'Arménie, d’Azerbaïdjan et de Russie ont réclamé ce statut en 2009.

 

Autres chiffres, tirés du rapport d'Olivier Noblecourt de février 2014 « l’égalité pour les femmes migrantes » du Ministère des droits des femmes :

En moyenne 45% des immigrées, toutes origines nationales confondues ont un diplôme équivalent ou supérieur au baccalauréat. 32,5% des immigrées non européennes détiennent un diplôme équivalent au baccalauréat ou de l'enseignement supérieur.

Ainsi aujourd'hui les femmes plus instruites dans leur pays d'origine sont nombreuses à migrer en France dans le cadre des études.

Dans la période 1975/1983 un étudiant sur 4 était une femme .

après 1998 un étudiant sur 2 est une femme .

Olivier Noblecourt, parle de volonté d'émancipation et de rejet des contraintes familiales et statutaires, il qualifie cela d'un mouvement d'individualisation.

 

Problèmes rencontrés par les migrantes

 

Les femmes, contraintes d'entreprendre des voyages périlleux, à un prix parfois bien plus élevé que les hommes, doivent affronter de nombreuses violences souvent sexuelles, les inégalités sociales entre les femmes et les hommes s'aggravant dans les situations de précarité extrême.

 

A leur arrivée en France elles ne bénéficient fréquemment que d'hébergements précaires même lorsqu'elles sont accompagnées de jeunes enfants. Elles revendiquent l'accès à un apprentissage du Français, élément indispensable de leur insertion.

 

Le plus souvent les politiques d' immigration assignent les femmes migrantes à un rôle de "mère de " ou " d épouse de ". Ces politiques les placent alors dans des situations de dépendances et nient leur autonomie.

Comme les françaises, les femmes migrantes sont discriminées sur le marché du travail et n'ont pas accès aux métiers auxquelles elles pourraient prétendre, leur diplôme n'étant pas reconnu. Et fréquemment elles sont orientées vers des emplois dévalorisés.

 

L'impossibilité d'obtenir un revenu décent en l'absence d'autorisation de travail enferment les femmes migrantes dans une grande vulnérabilité, pouvant en faire les victimes des réseaux de prostitution.

 

La question des jeunes femmes dont le statut de mineure est contesté par des tests osseux est particulièrement difficile, ne leur permettant l'accès à la protection et compliquant leur accès à l'éducation.

 

 

 

Préconisations

- Revendiquer le droit d'asile pour les femmes victimes de viols, de violences sexuelles

  • (en particulier dans les zones de conflit ) ou de mariages forcés dans leur pays d'origine.

  • De même pour les migrantes en situation d'esclavage domestique.

    - Que le recueil du récit de ces migrantes par les personnels des centres spécialisés dans l'accueil des femmes victimes de violence ait valeur de preuve dans les dossiers administratifs. Ceci éviterait la répétition douloureuse de ce récit par les victimes.
     

    - Mettre en priorité la question de l'accès à un logement décent et stable avec le slogan

    "un toit, un droit". Les femmes sont en très grand danger dans la rue, lieu de violence et de prostitution .
     

    - Se poser la question du droit à des ressources décentes dans les phases d'attente de statut officiel.

    - Mettre en place pour les agents de préfecture qui accueillent les publics migrants des formations juridiques et sociologiques sur la situation particulière des femmes victimes de violences dans leurs pays et en France et sur les droits qui en découlent.

  • - Nécessité de se pencher sur la neutralité des traducteur-trices au moment des auditions des migrantes avec les services de l’État et envisager une sensibilisation aux questions de genre de ces traducteur-trices.

     

    - Poursuivre et intensifier la lutte pour rechercher les passeurs et les juger.

    - Donner aux associations ou aux services publics concernés les moyens matériels et humains permettant l'apprentissage du français à ces migrantes. Faire en sorte que tout apprentissage de la langue française ouvre droit à rémunération.

- Renforcer les moyens des associations qui interviennent sur le parcours d'insertion professionnelle, le bilan de compétence des migrantes.

- Prendre en compte le niveau réel de formation des femmes migrantes pour éviter de leur offrir des emplois peu qualifiés sans rapport avec leur niveau de formation. Faciliter la reconnaissance des diplômes entre les pays.

- Interpeller les médias traditionnels sur la représentation de la migration, rechercher des médias alternatifs afin que le public connaisse la réalité de vie des migrant-es dans notre pays.

 

en particulier en Bretagne

 

- Mettre en réseau les associations qui interviennent sur le thème de la migration,

et en Côtes d'Armor créer des partenariats entre les associations de la MDF.22 et les associations qui soutiennent les migrant-es afin d'apporter de nouvelles réponses qui tiennent compte à la fois de l'approche migration et de l'approche droits des femmes et égalité.

 

 

    une réunion est prévue le 12 janvier 2016 à 18 heures à la Maison départementale des associations pour réfléchir à la mise en place ces actions en Côtes d'Armor
 

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